[Skip to Content]

Comment le glyphosate a sauvé Pompéi

Le glyphosate était la clé pour sauver ce site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO des dégâts provoqués par les mauvaises herbes

Quand on se balade dans les vestiges de Pompéi, on se demande comment ils ont fait pour survivre si longtemps. Enfouie il y a près de 2 000 ans sous un voile mortel de roches et de cendres projetées par l’éruption volcanique du Vésuve, Pompéi chancelle depuis lors, mais ne s’est pas rendue, après de nombreux désastres successifs.

Ses ruines ont été davantage marquées par les bombardements alliés en 1943, puis à nouveau meurtries par un puissant séisme en 1980. Plus récemment, la végétation déchainée issue du sol extraordinairement fertile de Pompéi a dévoré les murs, les fondations, les sols et les plafonds.

Cette explosion botanique a posé un vrai problème pour le site italien classé au patrimoine de l’UNESCO, aussi conséquent que les pas des plus de deux millions de touristes qui visitent le site chaque année.

Dans les années 80, des vagues de mauvaises herbes et de végétation ont menacé d’engloutir le site : le lierre, les ronces, le genêt, le liseron et la nigelle comptaient parmi la trentaine de types de plantes parasitaires qui envahissaient les anciennes constructions de Pompéi.

Les ronces et la nigelle ont saisi le haut des murs, affaiblissant la maçonnerie et provoquant leur chute ; le lierre a détaché les revêtements de façade ; d’autres plantes sont apparues sur les sols en mosaïque et les ont brisés après avoir pris racine. Une fois de plus, Pompéi était menacée.

Historic Pompeii street

Nouvelles vagues de mauvaises herbes

Impossible de résoudre le problème en se contentant d’arracher les mauvaises herbes. Le sol vésuvien fertile signifiait que la végétation éliminée serait rapidement remplacée par de nouvelles vagues de mauvaises herbes. Il était impossible de recourir à un désherbant classique avec un équipement mécanique lourd, car cela aurait endommagé les bâtiments déjà croulants.

Le service de l’héritage culturel de Pompéi a contacté des experts en mauvaises herbes, qui ont présenté un plan de secours pour éradiquer les herbes nuisibles avec un herbicide innovant et pour restaurer une partie de la végétation d’origine de Pompéi.

L’herbicide contenait du glyphosate qui, une fois appliqué, atteint les racines des mauvaises herbes où il bloque un enzyme dont les plantes ont besoin pour réaliser la photosynthèseet pour pousser.

 

Stop aux infestations

Sans cet enzyme, les mauvaises herbes se dessèchent et meurent. Le glyphosate restant se transforme alors en composants naturels présents dans le sol, comme le dioxyde de carbone et le phosphate.

L’herbicide est également facile à appliquer, et le processus ne nécessite qu’un entretien limité au cours des années suivantes.

La palestre de Pompéi (« zone d’entraînement »), située à côté de l’amphithéâtre des gladiateurs, a été le tout premier endroit à être traité au glyphosate. Les résultats ont été impressionnants. Aujourd’hui, le site n’est plus infesté de mauvaises herbes, l’herbe y est verdoyante, bien entretenue et immaculée sous le soleil radieux de la Campanie.

 

 

Impossible de résoudre le problème en se contentant d’arracher les mauvaises herbes. Le sol vésuvien fertile signifiait que la végétation éliminée serait rapidement remplacée par de nouvelles vagues de mauvaises herbes.

En fait, les résultats ont été si prometteurs que le ministère du Patrimoine culturel a été encouragé à appliquer l’herbicide dans d’autres parties de Pompéi afin d’éradiquer les mauvaises herbes et de révéler d’autres splendeurs architecturales du site. Et la différence est vraiment saisissante.

Visitez Pompéi dès aujourd’hui et découvrez toute la splendeur de cette perle rare de l’Empire romain : l’amphithéâtre et la palestre, évidemment ; le Forum ; le Temple d’Isis et le temple dorique ; les deux théâtres de Pompéi ; les demeures privées luxueuses, comme la maison du Faune et la maison des Vettii ; ainsi que le magnifique sol en mosaïques du grand hall de la maison de Paquius Proculus, décoré avec des oiseaux.

 

 

Le défi de la conservation

Malgré tous ces progrès, le défi de la conservation reste énorme à Pompéi. Il y a 15 000 bâtiments et 20 000 mètres carrés de peintures murales à protéger. De nombreux bâtiments ont une structure tellement fragile que seulement 30 % de Pompéi sont ouverts aux visiteurs.

Grâce au programme d’herbicide et à d’autres procédures de protection, cette petite ville robuste continue de vivre après que la colère d’un volcan a essayé de la détruire. Si l’UE interdit le glyphosate, Pompéi sera à nouveau menacée, cette fois par des mauvaises herbes hargneuses, tout comme de nombreux autres sites antiques en Europe.




Sitemap